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Les artisans

Ce chapitre sera consacré aux « Artisans » et « Artistes » qui gravitent autour du « Gille »Nous ne serions pas complets et surtout manquerions de dignité de ne pas souligner l’importance de leur rôle.

Pour les Uns, ils sont visibles, autour du Gille, nous évoquerons les Musiciens Percussionnistes et Cuivres bouches, qui consacrent tout leur art et toute leur vie à la musique.

Pour les Autres, le fabricant de costumes et chapeaux, les Couturiers et Couturières qui ont confectionné avec passion et amour les costumes de fantaisie.

Le bourreur « quidam singulier et non pas « Homme de Paille » au figuré mais au « Propre » qui à toutes les heures « gonfle » le Gille.

Le sabotier, qui, malgré une certaine mécanisation de son travail, se plait à « Mano » de peaufiner le sabot.

LE LOUAGEUR – LE COSTUME – LE CHAPEAU

Tous les costumes de Gille, sont généralement loués, par les Gilles pour faire son carnaval, à l’exception de ceux qui par passion souhaitent être propriétaire de leur costume.

Par contre la location pratiquement s’impose par le fait que le costume est tellement spécifique et artisanal, que son entretien, sa rénovation, son stockage, ne peuvent être confiés qu’au Louageur.

Louageur Karl plus costume de GilleLe modèle des costumes, ses motifs, même le choix des couleurs sont +/- figés. Le louageur reste libre d’en faire une interprétation artistique.

Quelques différences se situent en ce qui concerne les pattes des lions, la queue, de la forme de certaines couronnes, des poches ou encore des motifs dorés de la buse du chapeau.

Il découpe tous les motifs de feutrine avec un emporte-pièce et une presse.

Il les coud ensuite l'un sur l'autre avant de les appliquer sur la toile. Celle-ci est en lin, appelée aussi toile de jute, et provient de la région de Courtrai et Roulers, en Flandre.

Ensuite vient l’assemblage de ce qui s'appelle la garniture. Elle comprend la collerette (également appelée pèlerine), les parements au bas des pantalons, les manchettes et les renons pour les sabots. Il faut plisser 200 mètres de ruban.Blouse

Les cloches de l'apertintaille, les grelots sont fabriqués quant à eux dans le sud de la France chez un fondeur du côté de Sète. Le louageur fait venir les plumes d'Autruche d'Afrique du Sud.

Mais afin de veiller à la bonne qualité et au bon approvisionnement il n’est pas rare que celui - ci se rende sur place. Voyage difficile et coûteux.

Une plume de chapeau est constituée de près de 250 plumes d'autruche qui seront frisées. Pour friser l'ensemble des 12 plumes d'un chapeau, le frisage est effectué manuellement.

Certains chapeaux étant colorés, le louageur prépare des teintures qui seront appliquées au pinceau sur la pointe de la plume. Les plumes ont une durée de vie de +/- 3 ans.

Le Gille, son chapeau

Plume Orné de fleurettes, de longs rubans et surtout de prestigieuses plumes d’autruche, s’est élevé au fil des âges et est devenu de plus en plus imposant.

Sur sa coiffe les petits points dorés symbolisant les grains de blé. Sur le devant de celle – ci des épis de Blé. Chaque louageur aujourd’hui est autorisé par l ‘Association de Défense du Folklore (ADF) de Binche à apporter sa touche artistique.

C’est ainsi que l’on peut découvrir sur le devant de la coiffe, en dorure prestigieuse, soit un petit masque, un petit papillon, des étoiles, un lion, en fonction de la sensibilité de chaque artisan.

Sur son armature métallique, en forme de buse, drapée de biais blanc, sortant de la buse, la forme en carton recouverte de toile colléeBuse du chapeau du Gille à la colle forte.

Ensuite l’intérieur sera garni et ajusté au tour de tête à l’aide de petits bourrins, de mousse recouverts et cousus de toile blanche, confectionnés pour la circonstance par le louageur.

Dentelle et toile blanche continueront la garniture. Le chapeau est maintenu par une jugulaire (sangle à boucle) en cuir blanc.

Le chapeau se constitue généralement de 10 à 12 grandes plumes, chacune d’elle confectionnée par plus de deux cent cinquante petites.

Des productions plus particulières peuvent augmenter le nombre de grandes plumes. Les plumes sont lavées, séchées, et frisées à la main !

Pour certaines elles seront coloriées afin de donner à certains chapeaux une allure de fantaisie artistique.

karl LouageurLe chapeau «  Blanc » quant à lui, représentant le seul « vrai chapeau » ?, relève de « l’adage » et de la fantaisie inventive populaire.

On ne lui trouve aucun fondement historique à ce jour. Cela ne gâche en rien la prodigieuse magie qu’opère le folklore du Gille sur l’esprit humain.

Quand aux plumes de couleurs, ceci répond à une mode du moment, selon les talents artistiques du Louageur. Celui-ci, s’exprimant par une surprenante gamme de couleurs et variation de teintes et dégradés.

Tentant d’étonner chaque année par ses créations de plus en plus fabuleuses la « chimie » opérant sur le féérique « doigté » de l’Artiste !

Et non comme le même « adage populaire », qui voudrait que ce soit pour masquer des défauts de plumes que l’on colore celles-ci !

LES BOURREURS

Il est le premier à servir le Gille à l’aube du Mardi Gras. Le bourreur doit se lever très tôt (2h 00) car beaucoup de Gilles partent bien avant le lever du jour.

Bourreur ANGELOLe premier travail consiste à préparer la paille d’avoine et d’esturgeon, ensuite confectionner les (torquettes) – petites torches de paille – que l’on place sur le dessus des bosses devant et derrière en veillant à casser les pointes de paille afin d’éviter les grattements et irritations éventuels.

On passe la vareuse, pour commencer à mettre en forme la bosse avec les torquettes. Cette blouse ample en veillant à ce que les bosses soient bien régulières, bien rondes, ni trop serrées ou trop peu.

La blouse est alors serrée à la taille par un cordon, ou plus moderne une ceinture étroite de cuir en passement.

Le pantalon recouvrira le bord de la vareuse, l’on veillera à faire passer le cordon du pantalon derrière la ceinture avant de nouer de façon ce que celui – ci ne puisse redescendre au cours de la danse.

On accroche l’apertintaille, le grelot ainsi que la collerette. C’est la pose de la barette et du second mouchoir de cou qui est plié d’une façon spéciale.

Ce travail est, par tradition, toujours réalisé par la mère ou l’épouse du Gille très fière de mettre sa touche personnelle à l’habillage de son Gille.

D’un œil critique, le bourreur observera les bosses, l’allure fière et imposante du personnage et pourra penser que lui aussi, « fait » le Gille.

LE SABOTIER

SabotierIl faut tout d’abord débiter les troncs de saule ou de peuplier en tranches d’une cinquantaine de centimètres d’épaisseur.

L’esquisse de sabot est placée dans une seconde machine qui creuse l’intérieur du sabot et définit grossièrement l’emplacement du pied.

Le sabotier finit, à la main, l’aspect extérieur et intérieur du sabot. Il reste à donner aux sabots la teinte ils séjourneront ainsi durant sept à huit heures dans un « séchoir – fumoir » activé par les copeaux que l’on extrait de leur ventre.

La garniture complète du sabot est constituée de la talonnette, en forme de demi – cercle et clouée sur l’arrière.

Egalement d’une petite sangle de cuir qui sert à consolider l’avant du sabot en cas de bris, d’une bride se glissant dans un morceau de cuir rectangulaire et soigneusement dentelé pour tenir le pied.

Le futur Gille devra les garnir de renons, pièces de tissu formées de ruban plissé.