Le Gille
Tenue d’apparat
Dans ce chapitre nous évoquerons le Gille, dans sa tenue d’apparat telle que l’évolution le montre aujourd’hui.
Naturellement au fil des siècles ce costume subira les influences artistiques, de croyances, des us et coutumes des Peuples qui l’ont traversé. C’est ainsi que jadis avant que les plumes ne soient blanches et d’autruche, le chapeau était confectionné avec des plumes « tout venant » de divers animaux, poules, coq, faisans et autres.
Son costume
De toile de lin épaisse s’est embelli du drapeau belge, de lions de Belgique, d’étoiles, du masque, de la couronne Royale, de rubans plissés. Aujourd’hui ses couleurs tricolores lui confèrent le caractère de la Belgique unitaire et de fierté nationale belge.
Son chapeau
Orné de fleurettes, de longs rubans et surtout de prestigieuses plumes d’autruche, s’est élevé au fil des âges et est devenu de plus en plus imposant.
Sur sa coiffe les petits points dorés symbolisant les grains de blé. Sur le devant de celle – ci des épis de Blé. Chaque Louageur aujourd’hui est autorisé par l ‘Association de Défense du Folklore (ADF) de Binche à apporter sa touche artistique.
C’est ainsi que l’on peut découvrir sur le devant de la coiffe, en dorure prestigieuse, soit un petit masque, un petit papillon, des étoiles, un lion, en fonction de la sensibilité de chaque artisan. Sur son armature métallique, en forme de buse, drapée de biais blanc, sortant de la buse, la forme en carton recouverte de toile collée à la colle forte.
Ensuite l’intérieur sera garni et ajusté au tour de tête à l’aide de petits bourrins, de mousse recouverts et cousus de toile blanche, confectionnés pour la circonstance par le louageur.
Dentelle et toile blanche continueront la garniture. Le chapeau est maintenu par une jugulaire (sangle à boucle) en cuir blanc.
Le chapeau se constitue généralement de 10 à 12 grandes plumes, chacune d’elle confectionnée par plus de deux cent cinquante petites.
Des productions plus particulières peuvent augmenter le nombre de grandes plumes. Les plumes sont lavées, séchées, et frisées à la main !
Pour certaines elles seront coloriées afin de donner à certains chapeaux une allure de fantaisie artistique.
Le chapeau « Blanc » quant à lui, représentant le seul « vrai chapeau » ?, relève de « l’adage » et de la fantaisie inventive populaire.
On ne lui trouve aucun fondement historique à ce jour. Cela ne gâche en rien la prodigieuse magie qu’opère le folklore du Gille sur l’esprit humain.
Quand aux plumes de couleur, ceci répond à une mode du moment, selon les talents artistiques du Louageur. Celui-ci, s’exprimant par une surprenante gamme de couleurs et variation de teintes et dégradés.
Tentant d’étonner chaque année par ses créations de plus en plus fabuleuses la « chimie » opérant sur le féérique « doigté » de l’Artiste !
Et non comme le même « adage populaire », qui voudrait que ce soit pour masquer des défauts de plumes que l’on colore celles-ci !
L’orange
Au pain, aux pommes et aux noix, le Gille a substitué L’orange; signe de richesse. Le « Gille » caractère à la fois sérieux, grave, joyeux et prestigieux. Fin 1800, cette orange nous la retrouverons dans les fêtes basques et catalanes, en offrande lors de ces réjouissances.
Il semble que cette coutume soit remontée des fêtes « Andalouses pour être adoptée ensuite en France dans les fêtes populaires, les Carnavals du sud, puis à Binche et Charleroi.
L’orange symbolise les signes de richesse, de luxe et d’abondance lors des jours « gras » du carnaval. Se souvenir de l’époque, où, manger une orange en plein hiver ! Était un signe de richesse !


