HISTOIRE: une légende.
Le Gille de Binche.
Le Gille à Charleroi.
L'histoire fait remonter la naissance des fêtes carnavalesques au seizième siècle, période à laquelle correspondent les fastueuses cérémonies données par Marie de Hongrie en l'honneur de son illustre frère Charles Quint et de son fils Philippe II d'Espagne.
A cette époque, les conquistadores étaient revenus des terres lointaines d'Amérique et avaient décrit ses habitants, les Incas.
La légende veut que des courtisans se soient travestis de la sorte pour rappeler les victoires espagnoles en ces contrées.
Les costumes bariolés furent quelque peu "améliorés" pour attirer d'autant plus le regard.
Les partisans de cette thèse pensent que le mot "gille" actuel est, sous une orthographe déformée, une survivance du prénom "Gil" très répandu en Espagne.
Le rôle très important joué par les oranges dans le rituel des Gilles est également invoqué par les partisans de l'origine espagnole de ceux-ci.

On retrouve également des racines dans une étymologie de la langue d’oïl, le Wallon par la suite, où le nom Gille est un personnage de fête, appelé « coquin » à Paris, « arsouille » à Mons et à Charleroi, « Réguennaire » à Binche, « Arpeyant » en Picardie.
D’une vie un peu décousue, parfois contestataire, parcourant les tavernes et les cafés, arpentant les rues, courant les jupons, se livrant à cocasseries et frasques, tantôt bouffon, tantôt un rien délictuel, sans toutefois être pour autant un manant, un brigand
Le Gille de Binche.
Mais c’est à Binche qu’il faut trouver la véritable origine du Gille.
C’est en août 1549 que la Gouvernante des Pays-Bas, Marie de Hongrie, en l’honneur de son frère Charles Quint et de son neveu, l’Infant d’Espagne présenta dans les festivités un personnage, amusant, danseur et folklorique ayant une toute ressemblance avec le Gille de Binche que nous connaissons aujourd’hui.
Ce qui lui conférera également son authenticité est le port du masque, le Mardi-Gras matin, lorsque le Gille pénètre à l’intérieur des « Remparts » de Binche pour se rendre à l’Hôtel de Ville.
Des origines bien plus anciennes remontent du « Gille » « un danseur rituel » sorte de révélateur du renouveau, pratiquant un cérémonial à signification magique.
Nous remarquerons que le Gille n’a pas une origine unique. Selon les études faites, celui-ci est le produit de diverses origines et influences, d’évolutions successives qui, au cours des temps, ont façonné le personnage. Il porte en lui les strates successives d’une longue évolution. De ses lointaines origines rituelles et préhistoriques. Certains aspects de sa danse, la frappe des pieds, chaussés de sabots, appelant « les dieux de la terre », « chasse du démon » de ses gestes et l’usage du masque, remontant jusque dans la préhistoire.
De son passé rural, les grands feux, communs à la tradition festive et masquée européenne, le Carnaval de Venise par exemple, lui viennen
t vraisemblablement ses sabots, bien que l’on n’ignore pas la sandale de bois de nos ancêtres, son ramon, ses sonnailles, les bosses de paille dont on le bourre, l’épi de blé qui orne le chapeau. Le Gille fut aussi influencé par le personnage du théâtre populaire des XVIIème et XVIIIème siècles, La Comedia de l’Arte, l’Arlecchino, Il aurait pris également le nom et auquel il aurait emprunté les bosses, la barette de Pierrot, le mouchoir plié et noué autour de la tête, la collerette ou pèlerine d’Arlequin ou de Polichinelle. Autant de faits, de légendes, d’histoires parfois controversées de l’histoire de « Gille ».
Le Gille à Charleroi.
Lorsque dans le dernier quart du XIXème siècle, à Charleroi, le carnaval prit son essor, en 1870 exactement, on retrouve traces des premières fêtes populaires, foraines, les ducasses, les Pasquêyes.
Quelques dizaines d’années plus tard, le Gille en devint le Roi et bon nombre d’historiens, de journalistes, de documentalistes, ont imaginé de part son déguisement coloré et surtout son chapeau prestigieux monté de plumes majestueuses une origine sud-américaine.
Dans ces ducasses, d’ailleurs déambulaient des fanfares aux sons ressemblant aux sons des « Bandas » basques, catalanes ou espagnoles.
D’autres musiques tenant leurs origines pour certaines depuis la révolution française de 1789. Les javas, les polkas, rondes et farandoles, plus tard les « quadrilles » se succédant, immortalisant la joie et la danse,
La dominante du rythme ainsi effréné dans la foule restant les cliques de percussions avec fifres et pipeaux, trompettes et bien d’autres cuivres encore s’en donnant à cœur joie.


